L’Aqueduc de Zaghouan, Tunisie

L'Aqueduc de Zaghouan, TunisieRestauré au XIXe siècle, l’aqueduc de Zaghouan, ou aussi aqueduc de Carthage, est un aqueduc romain qui relie Carthage aux sources de la région de Zaghouan qui se trouve en Tunisie. Avant l’instauration du protectorat français, cet ouvrage est le seul de cette importance existant dans le pays.

Le gouvernement tunisien a proposé le 17 février 2012, le complexe hydraulique romain de Zaghouan-Carthage pour faire partie d’un futur classement sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Histoire

D’après les historiens, dans un premier temps, les romains doivent se contenter, d’user de l’eau de pluie qui a été conservée dans des citernes. Environ cent ans après la reconstruction de Carthage, en visite à la Province d’Africa, l’empereur romain a regretté l’absence de bains publics qui sont encore appelés thermes, élément indispensable dans la vie de chaque Romain. Il avait donc chargé ses architectes pour trouver un moyen pour drainer l’eau depuis la source la plus proche qui est la ville de Zaghouan.

De 123 à 128, une sécheresse exceptionnelle sévit et tarit par la suite les maigres ressources en eau de la région et vide les citernes, de cette façon, elle montre la nécessité absolue de rechercher, plus loin, les eaux qui font défaut aux abords de la ville et de les ramener à la ville de Carthage.

L’empereur Hadrien, un constructeur habile, décide le captage des sources qui existent  dans les massifs montagneux du Jouggar, du Djebel Zaghouan et aussi la construction d’un immense aqueduc qui a comme fonction la conduite des eaux vers les citernes de La Malga, qui est doté d’un réservoirs d’eau de vingt cinq milles m3, qui se situe sur une partie élevée de la colline de Carthage. En effet, les sources ont un débit très variable qui va de cinq milles m3 par jour à plus de vingt cinq milles m3 par jour. Toutefois,  Les citernes privées restent nécessaires pour les quartiers qui sont plus élevés que celui de La Malga. Enfaite, les sources captées sont quatre : la première est Nympheum la seconde est Aïn Ayed qui se trouve dans la région de Zaghouan, la troisième est Aïn Djour et la dernière est Aïn Ziga qui se situe dans la région du Jouggar.

L’aqueduc de Zaghouan qui a été  conçu pour assurer un débit journalier de trente deux milles m3, comporte 2 branches, l’une venant du Djouggar mesurant 33,63 kilomètres, l’autre, venant de Zaghouan mesurant 6,01 kilomètres de longueur, se réunissant à Moghrane. Sa déclivité est précisément de 0,29 % et sa longueur totale jusqu’à atteindre la ville de Carthage, y compris les diverses ramifications, est de cent trente deux kilomètres. L’aqueduc a été coupé à plusieurs reprises d’abord par les Vandales par la suite, par les Arabes.

Au Xe siècle, il a été Remis en état, puis au XIIIe siècle, a été pourvu d’une dérivation sur la capitale Tunis. Mais son entretien a été négligé après les Hafsides,.

Restauration

L’aqueduc de Zaghouan ne fonctionne plus en 1859, depuis 3 siècles lorsque le ministre de Sadok Bey, Mustapha Khaznadar, le fait restaurer avec le concours d’un ingénieur français, Pierre Collin, sur les conseils du consul de France de l’époque, Léon Roches. Les parties sur arcades ont remplacées par des conduites en fonte et les parties du canal en sous-sol et à fleur de sol ont été remises en état ainsi que les captages ont été partiellement remis en service. Ces travaux ont couté à l’époque coûtent sept millions huit cent milles francs.

Aqueduc de Zaghouan en Tunisie
Cette réparation, qui a duré 3 ans, a été complétée par la construction du réservoir de Sidi Abdallah d’une capacité de trois milles sept cent m3 par journée. Et les eaux de Zaghouan et du Jouggar dès 1861, sont arrivés de nouveau à la capitale avec un débit de douze milles m3 en hiver et de trois milles m3 en été. Ainsi, elles contribuent à améliorer l’ordinaire des habitants réduits à l’usage de l’eau des citernes. Par la suite, l’incurie des diverses entreprises à qui sont confiés l’exploitation de l’aqueduc et l’entretien a toutefois obligé en 1872 le grand vizir Kheireddine Pacha à concéder, pour 30 ans, l’exploitation des eaux de Tunis aux généraux Rustum, Mohamed Baccouche, Mohamed et Husseïn. En raison des nombreux abus, les résultats n’ont pas été brillants, et par la suite, son exploitation a été progressivement abandonnée.

Description

Dans l’aqueduc de Zaghouan, environ soixante dix kilomètres d’arcades ont été construits au millimètre près, dans l’optique d’assurer une trajectoire sans faille pour l’écoulement permanent de l’eau. Cette dernière coulait dans la partie supérieure appelé le spicus et couverte de l’arcade, qui aujourd’hui, par moments demeure visible. On doit dire que des adductions secondaires ont été mises en place et le besoin d’exploiter d’autres sources étant imminent. En ajoutant les Hnaya de la zone de Béjaoua Oued Ellil qui se trouve à la route de Tébourba, la longueur totale des aqueducs atteint cent trente deuc kilomètres.

Les Hnaya, à travers des siècles, ont connu une histoire mitigée entre restauration et revalorisation d’un côté, et attaques et abandon d’un autre côté. Les 2 attaques destructives ont été celle des Hilaliens au XIIIème siècle et celle des Vandales au Vème siècle. Jusqu’au XVIIIème siècle, les Hnaya sont demeurées opérationnelles puisque les Beys les ont utilisées pour acheminer l’eau jusqu’à la capitale afin d’alimenter Jinène El Fehri qui abritait un grand palais qui est aujourd’hui la zone de la cité des sciences à Tunis.

Durant ces derniers temps, les accidents de la circulation, les vibrations des gros camions qui passent à côté des aqueducs, ainsi que l’exploitation illégale des pierres des arcades afin de construire des maisons dans la zone avoisinante, n’ont pas cessé de mettre en danger cet ouvrage hydraulique grandiose.

Selon un diplomate japonais, en visite en Tunisie, ébloui par l’ingéniosité de nos ancêtres, en tout état de cause, ces constructions monumentales devraient être intégrées dans la liste des sept merveilles du monde. En effet, ce même diplomate disait, qu’en comparaison avec les monumentales pyramides d’Egypte, les Pharaons avaient construit pour la mort alors que nous avions construit pour la vie!


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