Mâcon Saône-et-Loire,Bourgogne,France

Mâcon, ville de polyculture, d’élevage et de vignoble, s’appuie sur les premiers contreforts du Massif central. Le Mâconnais constitue la partie la plus méridionale de la Bourgogne et offre une géographie particulière avec la plaine de Saône et un paysage plus vallonné culminant à 771 mètres

A Mâcon, sa ville natale, Alphonse de Lamartine passe les premières années de sa vie. Durant son adolescence, il fréquente assidûment la bibliothèque et dévore livres d’histoire et essais philosophiques. Devenu jeune homme et beau garçon, on le voit parcourir les rues de. la ville avec ses amis à la recherche de quelque bonne fortune. Peu avant son mariage, il mène une vie oisive et mondaine faisant la conquête de la société mâconnaise.
Plus tard, déjà célèbre par certains écrits, il s’oriente vers la politique et tout au long de sa carrière, Mâcon sera son point d’ancrage. Il en est conseiller municipal de 1840 à 1848, conseiller général de 1833 à 1848 et député de 1838 à 1848.

LAMARTINE
A tous les moments de la vie d’Alphonse de Lamartine (1790-1869), qu’il s’agisse du poète ou de l’homme politique, on retrouve l’empreinte de Mâcon et de sa région. II naît à Mâcon dans une famille royaliste, les Alamartine, qui après leur anoblissement s’appelleront les de Lamartine. Il est l’aîné de six enfants et seul garçon. A Milly, lieu privilégié où il forgera son âme de poète et qui servira largement son inspiration, Lamartine passe son enfance dans une maison où son père, renonçant à toute carrière militaire, s’est retiré depuis 1794.
A Bussièrcs et Pierreclos, bourgades situées proches de Milly, Lamartine enfant escaladera les collines, nagera dans les rivières, vagabondera à travers prés et bois. A Bussières, il suivra jusqu’à onze ans l’enseignement donné par l’abbé Dumont, vicaire de la paroisse. Son oncle, ayant constaté de sérieuses lacunes dans son instruction, l’enverra ensuite en pension à Lyon, puis à Belley qu’il quitte en 1808 pour revenir à Milly.
Dans sa vingtième année, Lamartine retrouve à Bussières l’abbé Dumont, qui devient alors son ami et son confident. Après avoir connu à Lyon une existence frivole et une aventure amoureuse lors d’un séjour en Italie, Lamartine s’ennuie à Milly. Il se noue alors d’amitié avec le chevalier de Pierrcclau et participe aux fastueuses soirées données au château de Cormatin par l’épouse du chevalier, la belle Nina de Pierreclau. Elle devient bientôt sa maîtresse. C’est sans doute grâce à elle que le poète connaîtra l’histoire des amours secrètes de l’abbé Dumont et de « Mademoiselle de Milly » pendant la Révolution. Ces confidences, ajoutées à celles du prêtre, seront à l’origine du poème « locelyn », ouvre publiée en 1836, la plus populaire de Lamartine.
En 1823, Lamartine s’installe dans le manoir de Saint-Point avec sa femme Mary Ann et sa fille Julia âgée d’un an. Pendant les dix années suivantes, Lamartine quittera souvent son domaine mâconnais : voyages à Lyon et â Paris, cures thermales à Aix-les-Bains et en Suisse, installation pour trois ans à Florence comme Secrétaire d’Ambassade, puis chargé d’affaires.
En 1832, il réalise enfin un de ses vieux rêves et part pour l’Orient avec sa famille. A son retour en 1833, Lamartine élit résidence dans sa propriété de Monceau. II ne veut pas imposer à sa femme un retour brutal à Saint-Point où vient d’être inhumée leur fille, décédée lors du voyage en Orient. L’année 1833 marque aussi son entrée en politique avec sa double élection comme conseiller général de Saône-et-loire et député de Bergues dans le Nord. Élu en 1837député de Mâcon, Lamartine se démarque peu à peu du pouvoir monarchique et s’engage pour la cause du peuple. Après avoir publié en 1847 « l’Histoire des Girondins », ouvre magistrale de 3000 pages, il atteint le sommet de sa carrière politique en devenant l’année suivante ministre des Affaires Etrangères du gouvernement provisoire.
Néanmoins, le temps des vendanges verra chaque année revenir le poète en terre mâconnaise, à laquelle il restera toujours attaché. Après le coup d’État de 1851 et le rétablissement de l’Empire, Lamartine renonce à tout combat politique. Mauvais gestionnaire de ses domaines et connaissant des déboires financiers il s’éteint à Paris dans une absolue détresse le 18 février 1869…..

MILLY
C’est dans ce village qu’Alphonse de Lamartine passe, auprès de sa mère Alix des Roys, ses années d’enfance et d’adolescence. Il grandit parmi les enfants de vignerons et participe aux travaux du vignoble. Alors qu’il est en poste à Florence en 1827, son père lui annonce son intention de vendre la propriété de Milly. Profondément touché par ce projet, il écrira un de ses chefs-d’œuvre « Milly ou la terre natale ». Sur la fin de sa vie, alors que criblé de dettes il doit se défaire de la maison de son enfance, Lamartine écrira un ultime et poignant poème « La vigne et la maison »: Dans la maison sont rassemblés livres et documents évoquant son enfance, ses sources d’inspiration littéraire et son activité viticole.

PIERRECIOS
Dans ce petit village, devenu le sanctuaire du culte lamartinien, s’élève le célèbre château de Lamartine, mis dans sa corbeille de mariage par son père en 1820. Sous l’influence de sa femme d’origine anglaise, Mary Ann Birch, Lamartine restaure cette bâtisse moyenâgeuse et la dote d’un pavillon, d’une galerie et d’un porche à colonnettes et à clochetons. Un ensemble assez hétéroclite mais qui correspondait au goût anglais de l’époque. Dans cette propriété, Alphonse de Lamartine mènera l’existence d’un paisible gentilhomme campagnard. Le château conserve en l’état son cabinet de travail et sa chambre à coucher où figurent sur la cheminée, peints en médaillons par Madame de Lamartine, les poètes qu’affectionnait son mari. Au fond du parc, près de l’église romane, une chapelle de style gothique anglais, sur laquelle Lamartine fit inscrire cette devise « Speravit anima mea » -mon âme espéra – abrite les tombeaux de Lamartine et de sa famille.

Aller à la découverte d’une ville, c’est d’abord en prendre le pouls, pas après pas, rue après rue. Mosaïque où l’histoire et les hommes ont laissé leur touche éparse, discrète mais vivante, le vieux Mâcon se découvre en flânant. Une promenade qui peut débuter, tout près de l’Office de Tourisme, par l’Hôtel de Ville, du XVIIIe siècle, avec sa façade imposante sur les quais de Saône. Rue Carnot, face à l’Hôtel de Ville, l’église Saint-Pierre construite au XIXe siècle présente de nombreuses caractéristiques de l’art roman. Un peu plus loin, la Résidence Soufflot, avec la chapelle Saint-Vincent-de-Paul et son « tour » pour les enfants abandonnés.
En revenant au nord, on passe par la pittoresque Place aux Herbes où s’élève la Maison de Bois ornée de sculptures des plus grivoises. En continuant en direction de la Saône, on trouve le pont Saint-Laurent, construit au XIe siècle, véritable talisman de la ville. II fut remanié à plusieurs reprises au cours des siècles. A quelques minutes, on arrive au pied des tours inégales du Vieux Saint-Vincent, vestiges de l’ancienne église cathédrale.
En poursuivant le long des petites rues, le promeneur découvrira le musée des Ursulines, ancien couvent, qui présente de nombreux témoignages sur l’histoire de la ville, l’hôtel résidentiel de la famille de Lamartine, rue Beauderon de Senecé, puis de part et d’autre du square de la Paix, l’église Saint-Vincent élevée sous Napoléon 1er et l’Hôtel-Dieu qui doit son dôme à Soufflot. En redescendant en direction de la Saône, c’est l’Hôtel Senecé de style Régence que l’an pourra visiter, i) abrite aujourd’hui le musée Lamartine. De plus, au hasard de sa marche, le promeneur ne manquera pas d’apprécier tout un ensemble de petites et de grand choses qui font de Mâcon une ville méritant une attention particulière.

RESIDENCE SOUFFLOT (ANCIENNE CHARITÉ)
Saint-Vincent-de-Paul, curé de Châtillon-sur-chalaronne, est â l’origine de la Fondation de la Charité, une des toutes premières de France. L’état déplorable des locaux entraîne en 1750 la démolition de l’aile nord. Conçu par Soufflot qui en dessina les plans, le nouveau bâtiment est construit par l’architecte Minoya de 1752 à 1762. Restauré en 1981 et rebaptisé Résidence Soufflot, c’est maintenant une maison de retraite.
A signaler, la curieuse chapelle de forme ovale, dont la conception permettait aux malades d’assister aux offices sans se déplacer au rez-de-chaussée. Autre curiosité, le « tour » situé à droite de la porte d’entrée, l’un des rares exemplaires encore existant en France. Sorte de tonneau tournant, il permettait à une époque de déposer les enfants que l’on voulait abandonner, ceci dans le plus grand incognito. • Visites de la Chapelle Saint-Vincent-de-Paul: sur demande à l’Office de Tourisme.

MAISON DE BOIS
Construite entre 1490 et 1510, la Maison de Bois est sans doute la plus ancienne maison de Mâcon, et très certainement la plus célèbre. Sa façade entièrement construite en bois est décorée d’une multitude de statuettes d’inspiration souvent grivoise. Personnages à masques d’hommes et de singes plus ou moins grimaçants, ils sont debout, assis, ailés, nus ou parfois vêtus seulement d’une écharpe ou d’un bonnet. Certains, de leurs bras étendus, tiennent alternativement la tête et la queue d’un animal fantastique ou réel. La Maison de Bois fut comparée, par les frères Concourt à un gigantesque bahut de bois que les Mâconnais ne devaient regarder qu’en échappade, en raison des sculptures truculentes qui ornent ses murs.

PONT SAINT-LAURENT
Avant même que Mâcon n’existe, on traversait déjà la Saône par un gué. Les légions romaines construisirent un pont de bois pendant la conquête de la Gaule, et ce n’est qu’au XII siècle que fut édifié un pont en pierre comportant seulement six arches, et qui, dès 1221, est fortifié. D’importants travaux sont également réalisés jusqu’en 1550. L’allongement du pont semble dater de cette époque bien que l’on ignore le nombre exact de ses arches au XVIe siècle.Pendant les guerres de religion, il connut des heures tragiques, Guillaume de Saint-Point, gouverneur de Mâcon, précipitant les prisonniers huguenots dans la Saône.
Le pont Saint-Laurent fut l’un des rares ponts de la région à ne pas être détruit pendant la deuxième guerre mondiale. Depuis cette période, le pont Saint-Laurent n’a pas changé d’aspect, il a désormais douze arches.

MUSES DES URSULINES
Cet ancien cloître de religieuses construit sur le plateau de la Baille pendant la seconde moitié du XVIIe siècle a connu une histoire mouvementée. D’abord pensionnat pour jeunes filles de la noblesse et de la bourgeoisie, il sert de prison pendant la Révolution puis de caserne jusqu’à l’entre-deux-guerres, avant d’être restauré par la ville de Mâcon, qui y installe le musée en 1968. Aujourd’hui, il comprend trois sections Archéologie, Art et Traditions Populaires, Beaux Arts.
• Ouverture au public: du mardi au samedi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, le dimanche après-midi de 14h00 à 18h00. Fermé le dimanche matin, le lundi et les 1er janvier, 1er, mai, 14 juillet, 1P, novembre, 25 décembre.
Musée des Ursulines, allée de Macisco et 5, rue des Ursulines
Tél. : 03.85.39.90.38 – Fax. : 03.85.38.20.60

VIEUX SAINT-VINCENT
Dès le Vie siècle, il y eut à Mâcon une église-cathédrale qui fut reconstruite à plusieurs reprises entre le VIIe, et le XIIIe siècle. Après de nombreux ravages au XVIe siècle, ce n’est qu’au début du XVIIe siècle que des travaux de restauration, en particulier des clochers, sont entrepris. Cependant le gros ouvre, fortement ébranlé par les multiples démolitions et constructions inspire de sérieuses inquiétudes. Malgré d’importants travaux, la démolition commence en mars 1799. Seuls le narthex, les deux tours et la travée qui les relie sont conservés, parties les plus anciennes de l’église et uniques vestiges que l’on peut voir actuellement. La base des tours, de forme carrée, semble remonter au XI, siècle, alors que la partie supérieure, de forme octogonale, peut être datée du Mlle siècle. Le narthex plaqué au devant des clochers et sans liaison avec eux est du milieu du Mie siècle.
A signaler le tympan de la porte d’entrée orné de sculptures réparties en cinq zones horizontales et présentant des scènes du jugement dernier. Grâce à la restauration de l’ensemble du bâtiment, le belvédère de la tour sud, offre aux visiteurs, un remarquable panorama sur Mâcon et la vallée de la Saône.

MAISON DE L’ARCHEOLOGIE
la Maison de l’Archéologie est installée dans l’ancienne chapelle des Récollets. Depuis 1993, elle abrite les réserves archéologiques des Musées de Mâcon. Visite sur demande, tél. : 03.85.38.93.76

HOTEL MONTREVEL
C’est en 1792 que la municipalité de Mâcon s’installe dans l’Hôtel de Ville actuel. C’était alors l’habitation privée la plus somptueuse de la ville. Le corps central du bâtiment avait été bâti vers 1750 et Monsieur le Comte de Montrevel, propriétaire en 1767, fit rajouter deux ailes. En 1880, François Martin, maire de l’époque, fit construire deux autres ailes en retour sur la rue Carnot.
En dépit des nombreux travaux dont il a été l’objet au fil des siècles, l’Hôtel de Ville a conservé de multiples témoignages de son origine : les boiseries d’époque du salon des mariages, les portraits en médaillons des grands philosophes de l’Antiquité dans l’ancienne bibliothèque, les armoiries de certaines villes du département dans le salon d’honneur, la splendide montée d’escaliers avec sa rampe en fer forgé qui domine le hall d’entrée.

EGLISE SAINT-PIERRE
Au XIXe siècle, la ville de Mâcon songe à édifier une nouvelle église. C’est ainsi que, d’après les plans de l’architecte Berthier, élève de Violet le Duc, l’église Saint-Pierre vit le jour dans les années 1860 dans le quartier de l’Hôtel de Ville. L’édifice de style roman présente une façade à trois étages. Trois portails à plein cintre surhaussé (caractéristique du monument, que l’on retrouve dans toutes les arcades, baies et ouvertures) aux tympans ornés de bas-reliefs en pierre, donnent accès à l’intérieur. Dominé par deux clochers d’une rare élégance, coiffés d’une flèche en pierre, l’ensemble est remarquable.
• A voir à l’intérieur
Trois ouvres sont classées « Monuments Historiques ».
– Bas relief d’autel en marbre blanc de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, sculpté par Perrache, un artiste lyonnais de la fin du XVllle siècle.
– Marbre funéraire d’époque Renaissance du tombeau de la famille 8eauderon de Senecé.
– Orgue de chceur, ouvre de l’illustre facteur Aristide Cavaillè-Coll (1866).

CATHEDRALE SAINT-VINCENT
C’est à Napoléon le, que l’église Saint-Vincent doit d’exister. Guy de Gisors, architecte du Palais Bourbon et de l’église de la Madeleine à Paris, en fit les plans. Tout d’abord église Saint-Napoléon, à l’abdication de l’Empereur elle devint église Saint-louis en hommage à Louis XVIII. Après le retour de Napoléon de l’île d’Elbe, elle fut baptisée église Saint-Vincent. C’est ici que furent célébrées le 4 mars 1869 les obsèques d’Alphonse de Lamartine. Depuis 1994, la cathédrale est classée « Monument Historique

HOTEL-DIEU – APOTHICAIRERIE
Construit d’après les plans de Soufflot par son élève Melchior Munet à partir de 1761, l’Hôtel-Dieu se caractérise par son dôme d’une ampleur, une ligne et une hauteur remarquables. Toutes les salles du bâtiment convergent vers le dôme où était située la chapelle.
A signaler au rez-de-chaussée de l’Hôtel-Dieu une apothicairerie dont les boiseries sont d’époque Louis XV et qui présente une très belle collection de pots de pharmacie.
. Visite de l’apothicairerie : du 1er, juin au 30 septembre, du mardi au dimanche de 14h00 à 18h00. Le reste de l’année, ouverture sur rendez-vous.

HOTEL SENECE -MUSEE LAMARTINE
Siège de l’Académie des Arts, Sciences et Belles lettres de Mâcon, dont Lamartine fut l’illustre Président, il abrite aujourd’hui un musée où sont rassemblés de nombreux documents et témoignages sur la vie de l’homme politique et du poète.
. Ouverture au public: du mardi au samedi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, Le dimanche après-midi de 14h00 à 18h00. Fermé le dimanche matin, le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 1er novembre, et 25 décembre. Hôtel Sênecé/Musée Lamartine, 41, rue Sigorgne, tel, : 03.85.38.96.19